En Grec ancien, le mot crise [Krisis] "changement rapide qui se produit au cours d'une maladie et qui est toujours un signe de guérison".
En chinois le mot qui est traduit par "Crise" est aussi composé de deux idéogrammes signifiant à la fois « danger » et « opportunité de changement ».
La crise actuelle, extrêmement profonde et qui va durer plusieurs années en plusieurs vagues (2008, 2010...), va permettre de mettre sur le tapis des négociations, les coutumes centenaires, habitudes obsolètes, privilèges insensés, dérogations pernicieuses, laisser aller débonnaires…et de remettre en question tout ceci à partir de zéro.
"FAISONS TABLE RASE DU PASSE"...disait la chanson. On va être servi!
La partie va être difficile et les déceptions nombreuses.
Tout et tous vont passer à la moulinette : administrations pléthoriques, éducation dépassée, syndicats paralysés, privilèges honteux, retraites pharonniques (Chirac: 40 000€ par mois!), les retraites à 50 ans (!), les aides sociales en cascade, le travail, la consommation, l'énergie…Rien ne sera plus comme avant.
Les seuls qui passeront à côté de cette cruelle remise à zéro seront d’abord
les banquiers. Ils sont au pouvoir et le resteront très longtemps.
Car sans eux pas d’argent…pas d’argent, pas de consommation…pas de consommation dit éclatement de la classe moyenne, la corvéable, celle du turbin, des heures sup mal ou pas payées, celle de la peur au ventre du lendemain dans les usines, celle des suicides par surmenage, celle qui a crû au « travailler plus pour gagner plus » des libéraux autant qu’aux 35 heures de la gauche.
Les seconds seront les hommes d’affaires, politiciens, députés (européens aussi. 10 000€ par mois), sénateurs qui font et défont les lois au gré des événements et de la démagogie. Pour ces castes, on y pourra rien…à moins que ça tourne vraiment mal. Mais de tout façon, elles seront remplacées par d’autres qui oublieront vite pourquoi et comment elles sont arrivées au pouvoir.
Comment passer de ce monde craquelé, fissuré à un monde nouveau fait de valeurs humaines et honnêtes. Un monde où les faibles pourraient trouver aide et soutien sans tomber dans une assistance servile et dévastatrice.
Quid de ces fortunes insensées amassées en quelques années face à une pauvreté toujours plus endémique. Un jour, une de ces grandes fortunes s’offrira une terre, un état pour en faire une nouvelle Cité Utopia. Une terre idéale où seuls les riches vivront libres et égaux en sécurité loin des pauvres (sauf les travailleurs esclaves). Tiens! c'est étonnant, les hommes aux manettes de notre planète avaient 18~20 ans il y a 40 ans. Ils voulaient changer le monde…ils l’ont changé !
En conclusion, cette crise mondiale et plus spécifiquement européenne pourrait aussi être l’occasion pour les hommes de dépasser leur individualisme pour accéder à un moi universel capable d’adopter une perspective existentielle plus vaste et plus globale, faisant de la solidarité l’essence même de cette humanité retrouvée. On peut rêver.
Je n’oublie pas qu'un petit pays situé au nord de l'Inde, le Bhoutan mesure son PNB en "Produit National du Bonheur" visant des critères de respect, d’éthique et d’équité.
On peut encore rêver.
La crise présente est profonde, bien plus profonde que ne nous le donnent à voir les soubresauts du système financier. Cependant fixons nos regards vers l'espérance d’une refonte véritable et sincère de la perspective humaine, privilégiant l’être plutôt que l’avoir, l’union plutôt que la division.
Breillat ! tu rêves?